ALPAGA OU ALPACA ?

mardi 17 juin 2014
par  Gillian Evieux

Le mot ‘alpaca’ provient de la langue indigène des Quetchuas parlée surtout dans diverses provinces du Pérou, de Colombie, de l’Equateur et du nord Chili. Lors de la conquête espagnole au quinzième-seizième siècle, il désigne un animal domestique, intermédiaire entre le llama et le vicugna, procurant à la population andine laine et viande. Cet animal était identifié comme un Auchenia pacos. Le terme auchenia est bien sûr dérivé du mot grec ‘auchèn’, le ‘cou’, ce qui s’explique aisément. Par la suite on lui donne le nom de Lama pacos, corrigé récemment (suite aux recherches scientifiques sur ADN) en Vicugna pacos.

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Les Curieux
Alors, on s’appelle comment .....?

Le mot ‘alpaca’, désignant donc l’animal en quetchuan, a été adopté d’abord par les espagnols puis par les différentes langues modernes, y compris le français (cf. Dictionnaire des Sciences, Lettres et Arts, de Bouillet, 1884).
Aujourd’hui les français emploient le plus souvent le mot ‘alpaga’. Il se trouve que, vu la rareté et le prix des seules fibres provenant des animaux ‘alpacas’, très vite les filateurs ont mélangé ces fibres avec d’autres laines. Et même le mot ‘alpaga’ en est venu à désigner un tissu mixte où étaient mélangées d’abord de la soie et de la laine d’alpaca, puis de la soie et des fibres brillantes provenant des Indes, et plus récemment des fibres de rayonne ou autre. La plupart du temps, de nos jours encore, les vêtements (‘veste, costume en alpaga’) sont faits de ces tissus mixtes.
Même si dans les dictionnaires français (Littré, Larousse) on signale la coexistence des deux mots ‘alpaca’ et ‘alpaga), l’emploi de la forme ‘alpaga’ s’est généralisé, à tort comme on le voit. Il convient donc d’utiliser l’orthographe ‘alpaca’ pour désigner l’animal, comme le font tous les autres pays, ne serait-ce que pour que nos sites spécialisés soient plus facilement repérés sur internet.
Llama ou Lama ?
Le ‘llama’, mot emprunté à la langue quetchuane, et adopté par les espagnols lors de la conquête, désigne la seconde forme domestique des petits camélidés, le ‘Lama glama’, la première forme domestique étant le ‘Vicugna pacos’ (anciennement ‘Lama pacos’). L’orthographe ‘Lama’ est donc plutôt employée par les naturalistes : ‘Lama guanicoe’ pour le guanaco, ‘Lama glama’ pour le llama.

Ecrit par Pierre Evieux, Docteur ès lettres
Apparu dans Lamas & Alpagas et autres Camélidés No.1, 2005